| Tribune Décembre 2018

Tribune Décembre 2018

Les soft skills au service d’une équipe efficace

Par Sophie Lelièvre, formatrice-consultante. Conceptrice de modules de formation, rédaction de tribunes. 

Qui n’a jamais eu quelque appréhension lors de son intégration à un nouveau groupe de travail, lors de son embauche ou à la création d’une équipe de projet ?

Nous sommes des êtres sociaux et nos interactions humaines jouent un rôle crucial dans nos activités quotidiennes. Négliger cela dans le domaine professionnel peut nous faire passer à côté d’une clé pour le succès collectif. En effet, celui-ci est lié à la réussite personnelle de chacun de pouvoir pleinement apporter sa contribution, de s’exprimer facilement tout en sachant qu’il sera entendu. Ainsi, il existe un risque de passer à côté de bonnes idées non exprimées lorsque les personnalités extraverties ont une tendance naturelle à phagocyter celles plus réservées.

Que sont les « soft skills » ? Comment peuvent-elles concourir à la synergie d’une équipe de travail ? Comment chacun peut-il les développer ?

(Ici, le rôle du manager ou du chef de projet, qui consiste à fédérer les diverses personnalités et à permettre à chacun d’exprimer au mieux ses compétences, ne sera pas abordé.)

Le rôle des soft skills dans la réussite collective

Les « soft skills », ou savoir-être, sont les compétences émotionnelles et les qualités humaines que toute personne possède et peut développer dans le temps. Elles complètent les « hard skills », ou savoir-faire, les compétences techniques acquises par la formation et l’expérience professionnelle. Elles peuvent parfois être confondues, à tort, avec les traits de personnalités, qui eux sont stables et figés dans le temps. Parmi les soft skills, citons par exemple la rigueur, l’empathie, la créativité, l’esprit critique…

Il n’est pas nécessaire de détailler le bénéfice évident de ces compétences dans la dynamique d’une équipe : plus les individus les développeront et plus leur collaboration sera riche.

Il existe toutefois un risque de standardisation des équipes si le manager ne recrute que des profils identiques liés à des personnalités et non des savoir-être ; en favorisant par exemple des personnalités extraverties et particulièrement sociables au détriment de personnalités plus réservées. L’uniformisation tendra alors à appauvrir la qualité des échanges et donc de la production de l’équipe.

Comment développer ses soft skills au service du collectif

Pour enrichir la valeur du collectif, c’est à chacun de développer ses propres soft skills. La première étape est d’apprendre à se connaître soi-même, c’est-à-dire la manière dont fonctionnent ses émotions et leur rôle sur son comportement. Cette introspection peut alors être mise au service de l’autre, notamment en apprenant à stimuler au quotidien son empathie, qui est un savoir-être clé.

Ce travail sur soi permet ensuite un travail envers les autres membres de l’équipe. L’empathie ainsi développée permet de réagir de façon adaptée aux comportements de son interlocuteur, et de pouvoir contribuer à un projet dans le cadre d’une collaboration productive.

Développer ses compétences transverses est essentiel dans ses interactions avec les autres. L’individu extraverti apprend à encourager l’expression des personnalités plus réservées et à les prendre en compte. En contrepartie, l’individu réservé apprend à mettre en avant des savoir-être nécessaires au collectif, tels qu’un esprit analytique, créatif, positif ou réaliste.

Et la réussite individuelle ?

L’efficacité du collectif grâce aux soft skills des individus a été démontrée. Il convient de souligner la réciproque de ce raisonnement : un collectif qui s’appuie sur les compétences de tous permet la valorisation de chacun. Personne ne se retrouve sur le banc de touche et chacun peut être apprécié pour ses propres compétences, émotionnelles et techniques.