| Tribune Juillet 2018

Tribune Juillet 2018

LE BONHEUR DE FAIRE !

Par Patrick Rasandi, Formateur Coach, Fondateur d’IPRH Consultants, coach certifié, membre du Bureau du Syndicat des Métiers du Coaching

Excellente nouvelle : Notre organisme de Formation s’est vu octroyé le 2 ème prix du Trophée de la Formation lors du salon TOP DRH tenu à Deauville le 5-6 juin 2018 !!!

Nous l’avons voulu, on a fait le maximum, on l’a eu !!!!!

Le verbe faire est un mot énormément utilisé sous différents sens. Et si ce mot est autant utilisé, n’est-ce pas parce qu’il porte en lui l’action ? Et n’est-ce parce que l’action est la clé du plaisir, voire même, dans quelques cas, du bonheur ?

Le mot faire porte en lui un objectif… et le plaisir lié à l’action nécessite que cet objectif soit ambitieux et réaliste.

Si je décide de faire le jardin, c’est bien avec comme objectif d’avoir un jardin plus beau et plus fertile. Et si j’obtiens le résultat escompté, j’éprouverai pour le moins du plaisir.

A l’aide de cet exemple simple, on perçoit très vite l’adéquation entre l’objectif fixé et le résultat. Si j’ai imaginé tailler tous les arbres du terrain et que, le soir, la mission est réussie, j’éprouverai du plaisir.

En revanche, si mon objectif était trop ambitieux et que j’en ai simplement taillé la moitié, le plaisir d’avoir fait sera diminué de la frustration de ne pas avoir atteint mon objectif. Il faut donc se donner les moyens de faire ce qui est prévu et de prévoir ce qui est possible.

Si l’objectif fixé est de tailler deux petits arbres et que j’y parviens sans difficulté, le plaisir sera présent mais modéré par ce que la mission était à portée de main. Si l’objectif fixé est de tailler tous les arbres de la propriété et que je termine à la tombée de la nuit avec le résultat escompté, le plaisir sera réel. Le plaisir de l’action est donc lié à la difficulté du « défi possible ». 

Le plaisir de l’action sera d’autant plus important que la difficulté sera grande et qu’elle sera riche de sens…

« Le sens de l’action accroît le plaisir de faire »

Si j’ai bien réussi à m’occuper de mon jardin alors que cela demandait un travail important, j’éprouverai en effet du plaisir. Si j’ai mené à bien une initiative qui va avoir des conséquences pour autrui, le plaisir sera beaucoup plus fort.

Par exemple, s’il s’agit d’intervenir pour secourir un accidenté légèrement blessé, lors d’une garde au Samu, le plaisir sera d’autant plus intense que le sens de l’action vient renforcer le plaisir de faire. Plus le sens de l’action sera fort, plus le plaisir sera important.

Si, lors de la même garde, je contribue à sauver la vie d’une enfant dont le pronostic vital était engagé, le plaisir sera encore plus intense, ce sera pratiquement du bonheur.

L’action sera d’autant plus génératrice de plaisir que le niveau de l’objectif sera élevé et qu’elle sera porteuse de sens.

On pourrait presque écrire à ce stade que : Le plaisir de l’action = niveau du « défi possible » x importance du sens

Trouver le plaisir de l’action revient donc à faire quelque chose de difficile et d’utile à autrui…

Pour éprouver un réel plaisir à l’action, il convient donc que la situation soit difficile et utile à autrui.

Pour ancrer mon propos dans la vraie vie, je vais prendre quelques exemples : aider une dame âgée à monter ses courses alors que l’on est très pressé, prendre le temps le week-end d’écouter un ami qui ne va pas bien alors que la semaine a été très dense et a débordé sur le week-end, aider son voisin blessé à faire son jardin alors que l’on n’a aucune compétence dans ce domaine, prendre le temps en tant qu’hôtesse de caisse dans un supermarché de parler avec une dame âgée qui s’ennuie profondément alors que l’activité est intense, réduire son temps de travail pour partager bénévolement des valeurs spirituelles à toutes personnes…

Pour tendre vers le bonheur, il faut que la difficulté soit majeure et le sens puissant…

La médecine d’urgence est pourvoyeuse de ce type de situations. Entendre l’air passer de nouveau dans les bronches d’un patient victime d’un asthme très sévère est fort… Voir une activité électrique repartir après un arrêt cardiaque est également à l’origine d’un ressenti très intense…

La médecine humanitaire en raison de la difficulté liée au terrain d’exercice est, elle aussi, pourvoyeuse de réels fragments de bonheur.

On pourrait donc avoir l’impression que le bonheur de l’action ne survient que dans des cas exceptionnels et donc limité à un petit nombre de personnes. Mais, on va voir qu’un autre paramètre intervient, c’est le nombre de personne concernées.

Le bonheur de l’action est d’autant plus fort que la difficulté est importante, que le sens est fort et que le nombre de personnes en bénéficiant est grand.

L’action d’un médecin en brousse ou dans un pays en guerre ne va porter que sur quelques personnes.

La tentative de convictions d’un grand nombre de managers de l’intérêt d’adopter des comportements bienveillants a un niveau de difficulté moindre, un sens moindre mais une échelle plus grande. Et là, on voit bien que le nombre vient, en quelque sorte, compenser les deux premiers paramètres.

Si l’on prend une échelle encore plus grande, l’acteur politique qui permet à sa ville, à son département, à sa région, à son pays de se redresser dans un contexte très compliqué éprouvera un réel bonheur car la difficulté est majeure, le sens est fort et en plus l’échelle est très significative.

On pourrait alors écrire : Le plaisir de l’action = niveau du « défi possible » x importance du sens x pourcentage du nombre de bénéficiaires

Le mot « faire » est donc souvent utilisé par ce qu’il comporte dans l’inconscient des moments de plaisir et même parfois des fragments de bonheur.

Il est donc essentiel de permettre à chacun de faire : c’est-à-dire d’agir dans des conditions parfois difficiles et riches de sens.

C’est ainsi qu’on aidera autrui à aller mieux, à mieux réussir et à être plus heureux qu’il soit salarié, chômeur, dirigeant, bénévole, parent ou enfant.